
Voilà, ça y est, j'ai atterri sur le sol français. Nous roulons à présent sur la piste de laquelle je me suis envolée, il y a 11 mois, il y a une éternité... Le tarmac de Roissy Charles de Gaulle semble s'étendre à l'infini, j'ai l'impression que nous allons rester là, protégés par la carapace métallique de l'avion, que jamais nous ne descendrons et je me mets à espérer follement que le Boing, soudain, reprenne son envol, décolle.
L'émotion me serre la gorge ; dernière escale, point final.
Je m'avance avec les autres le long des couloirs, suivant les panneaux "bagages". Le tapis roulant égrenne les valises avec lenteur... les minutes passent sans que je n'aperçoive mes deux gros sacs. Un doute alors m'assaille, et s'ils s'étaient égarés entre deux continents ? Mais non, en voilà un ; une dizaine de minutes plus tard, je récupère le second.
Abrutie de fatigue, chavirée de sentiments contrastés, je pousse mon trolley vers la douane, simple formalité, me voilà arrivée...
Mes parents et ma petit nièce sont venus me chercher, je les aperçois qui m'attendent impatiemment ; l'adorable Léa, en 1 an, a bien changé, je la trouve grandie, pétillante de vie, elle babille, elle sautille.
Un baiser déposé sur chaque joue de cette petite famille et nous gagnons le parking.
Par la fenêtre, la banlieue défile à toute allure, grise, triste, inchangée. Mon beau-père est pressé de rentrer. Ma nièce pose mille et une questions auxquelles je réponds. Les secousses de l'Espace Renault, gris, lui aussi, me mettent mal à l'aise, c'est un peu speed, à mon goût.
20h, Bezons... Retour à la maison, enfin celle de mes parents. Je me sens étrange, étrangère.
Retour en arrière.
Il va falloir composer, s'organiser, s'adapter.
J'ai la chance qu'ils m'offrent un toit, je n'ai plus de chez moi. Je pose mes valises, attendant encore un peu avant de défaire mes sacs, mon "petit" frère et son amie (bientôt sa femme), rentrent alors de leur travail... retrouvailles !
Je distribue sourires, baisers et cadeaux à chacun. Etre ici, avec eux, m'émeut, je goûte au plaisir de les revoir, de partager ce dîner ; douceur d'un foyer...
Je n'ai de toute façon pas encore réalisé que je suis "rentrée".
Je leur parle du voyage mais il est difficile de résumer en quelques mots une année.
Il me raconte leur vie à eux... et je constate que peu de choses ont changé, en fait...
Certes, je suis en décalage, un peu paumée mais finalement plutôt calme et sereine. Il y a déjà là, au creux de moi, un nouveau projet en train de germer...
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