
Matinée grise et maussade ; les contrariétés pleuvent comme le ciel qui, ce matin, épanche sa mélancolie par de fines gouttes de pluie... Une heure passée au téléphone pour tâcher de solutionner mon problème de CB, une heure vaine qui me donne des haut-le-coeurs et me brouille le regard ; quelques larmes versées, le temps de me calmer. Le problème n'a que trop duré, ma patience s'amenuise, je me sens déprimée...
Nous prenons un café en ville, un espresso corsé pour donner un peu de goût à cette journée, pour laisser le temps au ciel de luis aussi s'apaiser.
11h, nous laissons Alison empaqueter ses affaires et partons visiter Whistler. Lorsque nous reviendrons, en fin de journée, Alison aura déménagé, lassée de se faire dévorer par des "bed bugs" acharnés... couvertes de boutons, elle ne cesse de se gratter... un souvenir du dortoir dans lequel nous avons séjourné. Moi, mes piqûres ont fini par s'estomper, les siennes par contre semblent se multiplier...
Whistler ne sera pas le charmant village que nous espérions mais un entrelacs de ruelles commerçantes et sans âmes entourées de montagnes sans grande envergure. On s'y balade brièvement et reprenons la voiture en direction d'un des lacs avoisinant. Nous pique-niquons sur un ponton de bois, face à la vaste étendue d'eau, c'est paisible, charmant mais rien de renversant... le déjeuner à peine avalé, de grosses gouttes de pluie perlent du ciel, laissant de larges auréoles sur les lattes de bois... nous rebroussons chemmin, abandonnant même l'idée de marcher sur le sentier goudronné entourant cet espace un peu trop domestiqué...
Sur le chemin du retour, nous embarquons un jeune auto-stoppeur, ruisselant mais souriant. Nous le laisserons poursuivre son périple, le déposant à une station-service de Squamish.
16h, rapide tour au Visitor Center pour glâner quelques infos sur l'île de Vancouver et nous rentrons à l'auberge nous préparer une tasse de thé avant de filer faire quelques courses. De retour du "Save on food", nous tombons sur Alison, affamée, qui suggère d'aller manger.
Direction la brewerie, donc, où nous avons pris l'habitude d'aller. Le ciel a fini par s'assécher, nous en profitons pour marcher un peu. Alison s'en va de son côté, demain, elle doit aller chercher un ami à Vancouver, elle préfère rentrer se reposer. Brève et chaleureuse étreinte sur le pas de porte du glacier où nous avons pris nos rituelles gelati. Nous partons donc tous 3 explorer "Squamish Beach". Une longue balade au bout de la ville ; des lambeaux de nuages s'accrochent aux falaises, s'effilochant dans la lumière rasante du soir. "La plage" n'est en fait qu'un vaste terrain vague ceint de structures métalliques, rien de très buccolique...
Des grumes en flottaison, une jetée, des entrepôts... un train, au loin, siffle son arrivée ; nous faisons le tour et repartons. Le soleil peu à peu décline dans un ciel rougeoyant qui colore montagnes et nuages, la vue est belle et dégagée, nous marchons face à ce magnifique coucher.
21h20, assise derrière un ordi, j'internette un peu avant de regagner la chambre.
Journée triste et contrariante, journée étrange et grisonnante... |