
7h10, encore entortillée dans des brumes de sommeil, je découvre un message de ma mère sur mon téléphone portable : mon banquier doit m'appeler d'ici une heure à peu près. Je m'éveille, tendue, agacée, contrariée. Je finis mon petit déjeuner sans avoir reçu d'appel. Lassée de patienter, j'essaie de joindre mon conseiller. Françoise me prête son portable, le faible crédit de ma Mobicarte ne me permet pas vraiment d'appeler. Je ne parviens pas à joindre mon interlocuteur, je laisse des messages, tente de m'expliquer. 3 agents différents me donneront 3 versions différentes et contradictoires : je ne sais plus que croire. Je décide de consulter mon relevé bancaire. Le serveur internet de l'auberge rejette mes tentatives de connection, je vais tenter ma chance au seul café-internet que j'ai pu repérer. 2$ les 12mn, 2$ pour être rassurée ; mon solde est normal, je ne relève rien de suspect. Je ne comprends pas pourquoi on m'affirme que j'ai dépassé le plafond autorisé. Je rejoins la table de Françoise et Philippe et savoure un espresso aromatique et corsé. Le téléphone se met à sonner : mon banquier. Il me demande alors si je suis à l'origine de telle et telle dépense, de gros montants en faveur d'une société appelée Magellan. Incrédule, je démens. Quelqu'un semble s'amuser à mes frais quelque-part aux USA. La capacité de paiement autorisée pour ma Visa Premier est dépassée, mes autres transactions se trouvent donc toutes rejetées. J'ai enfin l'explication que j'attendais. Je ne sais trop comment réagir à la situation, la priorité pour le moment est de régler le paiement de la voiture de location au moyen de ma carte afin de bénéficier de l'assurance l'accompagnant. Mon banquier m'affirme que demain je pourrai procéder à ce réglement, il va augmenter mon plafond autorisé. Une réponse à court terme avant de faire opposition. Nous ne sommes qu'en milieu de matinée et déjà, je me sens vidée. Beaucoup de contrariétés, d'énergie dépensée...
10h30, nous voilà de retour à l'hostel. Alison nous attend dans le salon, nous lui avions laissé un mot. J'appelle rapidement le car rental et nous nous entassons tous les 4 avec les crash-pads et les sacs dans l'auto. Nous changeons de secteur, cherchant ombre et quiétude. Nous allons ce matin à North Wall. Après quelques égarements forestiers, nous déboucherons sur une clairière de blocs, celle où Alison et moi étions allées la première fois.
L'échauffement de fait en douleur, la peau des doigts à vif, par endroit écorchée, j'ai mal à chaque fois que je touche le rocher... J'essaie de strapper mais la bande adhésive me gêne, tirbouchonne, se décolle... Et puis il y a mes pensées qui tourbillonne, je n'arrive pas à me concentrer, je suis préoccupée par ce problème avec ma CB.
Nous essaierons quelques blocs durs, sans grand succès. Philippe s'ouvrira un doigt sur une réglette coupante... Nous décidons d'aller voir ailleurs.
14h, autre secteur, autres blocs. Nous ferons tous quelques brefs essais dans un V5 retors, là aussi sans y arriver... Françoise, elle, n'est pas loin... mais elle laisse échapper la prise de sortie.
16h, fourbus, nous quittons les lieux pour le monde merveilleux du "Save on food" : c'est l'anniversaire d'Alison aujourd'hui, je lui ai proposé de cuisiner thai...
Nous rentrons tranquillement à l'auberge, il est encore tôt... une douche et quelques lignes d'écriture avant de me mettre derrière les fourneaux. Les légumes mijotent tranquillement dans leur bain épicé de lait coco, s'imprégnant des différents arômes. Nous les dégusterons avec une salade, du riz basmati et un délicieux Cabernet-Sauvignon... made in France.
Pour ponctuer ce repas, nous allons en ville chercher la glace dont Alison raffole... mais nous trouvons porte close. C'est aussi l'anniversaire du père du patron ! Déception ! Nous achetons un pot de crème glacée au supermarché d'à côté... il faudra bien, pour ce soir, nous en contenter... |